L’utilité des contes pour le développement des enfants : une tradition à poursuivre

Vous lisez « conte » et tout de suite vous imaginez une ribambelle d’ogres, sorcières, princesses et autres chevaliers, tous embourbés dans un récit rocambolesque. Si d’après vous conte fait rimer épopée avec boniment, il va falloir qu’on reprenne les bases ! Les contes féériques ont plus d’un tour dans leur sac, voyez-vous. Et vous imaginez bien que ce n’est pas par hasard si tous les contes célèbres de votre enfance ont traversé des générations de conteurs. Via la tradition orale, dans un premier temps, puis grâce aux livres superbement illustrés par la suite. Pas complètement vains, les contes merveilleux, semble-t-il ! Les contes les plus connus sont d’ailleurs enseignés à l’école, grâce à divers supports et pour moult raisons. (Ça y est, voilà qu’on se met à écrire comme des troubadours…) Mais, alors, quelle est l’utilité des contes pour enfants ? Quelles sont les fonctions et les vertus pédagogiques du conte ? Vous brûlez de le savoir ? On vous dit tout ! 

L’utilité des contes et de leurs histoires formatrices

L’ogre des contes cruels, la sorcière des contes macabres, avouez que leurs histoires sont loin d’envoyer du rêve ! Pourtant, ces personnages emblématiques remplissent parfaitement leur rôle. Celui de faire prendre à votre enfant un peu de distance avec ses peurs archaïques. Les contes et légendes qui font la part belle aux personnages monstrueux ont pour point de départ l’inconscient collectif… Ah, là tout de suite on regarde Blanche Neige d’un autre œil 🍎 😉. Les contes les plus connus et qui ont bercé votre enfance, avant celle de vos Minis, sont bourrés de symboles puissants. Ils vont chercher assez loin dans l’inconscient ! Tant et si bien que les contes de fées ont fait l’objet d’une étude psychanalytique dans les années soixante-dix. Conflit, résolution, angoisse, désirs et tensions… Les contes font découvrir à vos enfants le sens profond de la vie. Et c’est bien parce qu’ils sont terrifiants qu’ils sont utiles ! Quel enfant n’a pas frémi à l’idée de se retrouver abandonné par ses parents dans les bois à devoir semer des petits cailloux… Or, la peur a du bon. Chaque difficulté abordée par les contes a sa dose d’émotion et surtout de solutions. Hansel et Gretel, Cendrillon, La Petite Sirène, Le Petit Poucet : il y a une mise en garde dans chaque histoire. Mais toutes suggèrent que chaque problème a son revers, en tout cas dans leur version contemporaine. Parce que la version classique est souvent bien moins tendre avec les protagonistes ! Comme dans Le Petit Chaperon rouge où la petite fille finit… mangée par le loup 🐺. Conte avec morale bien précise, il incite à la vigilance, comme bien d’autres. On parie que la leçon sera retenue par les petits auditeurs du conte ! 

Les fonctions du conte, ce récit puissant

La transmission orale

Passant de bouche à oreille depuis la nuit des temps, le conte est un avant tout récit raconté à voix haute. Analyser un conte, c’est analyser toute la communauté qui l’a construit grâce à la tradition orale. Les contes de Grimm sont un recueil de vieilles légendes, devenues contes populaires, mises en page par deux amoureux de la langue. En s’appuyant sur les conteurs de l’époque, ils ont collecté ces histoires orales pour les mettre par écrit, telles qu’on les connaît aujourd’hui. Pourtant, le conte reste fidèle à ses racines et laisse à l’oral une place importante. Ce sont des histoires que les parents transmettent encore majoritairement à l’oral, à des enfants n’étant pas en âge de les lire eux-mêmes. C’est donc bien oralement qu’ils font passer des messages… directement à l’inconscient de leurs tout-petits !

L’éveil des émotions

La peur du Petit Poucet, la frustration de Cendrillon, la tristesse de Peau d’Âne… On ne badine pas avec les émotions au sein des contes de Perrault ! C’est qu’il nous faut une sacrée dose d’empathie pour ces personnages à qui il arrive tous les malheurs du monde… C’est trop, vous demandez-vous ? Pas du tout ! La découverte des émotions, qu’elles soient positives ou négatives, permet à votre enfant de les appréhender. Parfois même, de les découvrir une première fois grâce à des archétypes (le prince, la sorcière, la fée marraine, la marâtre, etc.) qui permettent une certaine distance. Le tout, sans danger réel. Ainsi font, font, font, trois petits contes et puis s’en vont 🎶. Car une fois le livre refermé, les émotions retombent même si on peut continuer à en discuter. 

Le dépassement de soi

On ne peut franchement pas dire que les héros et héroïnes des contes d’Andersen se la coulent douce… Et ce n’est pas La Petite Fille aux allumettes ou Le Vilain Petit Canard qui viendront nous contredire ! Le conte comme outil pédagogique enseigne les difficultés de la vie, mais aussi la résilience. Au tout départ, ces histoires orales étaient l’occasion pour les plus âgés de transmettre aux jeunes générations quelques leçons de vie (parfois bien corsées !) La morale de l’histoire sait récompenser les valeureux personnages et bon nombre connaissent quand même un happy end.

L’importance de l’imaginaire

Chaque pays a ses contes philosophiques, critique du pouvoir en place ou des mœurs d’une époque. Ils ont en commun avec les contes pour enfants de reposer sur l’imaginaire. Fruit de l’imagination collective, les contes et comptines, mais aussi les fables ou les mythes, s’éloignent très largement de la réalité… Pour mieux faire passer le message ! Or, l’imaginaire se travaille et c’est particulièrement vrai pour les plus jeunes, à un âge où tout est plausible. Le loup parle, le chat manie l’épée, l’ogre est amateur de bonne chair fraîche (et la marmotte…) C’est tout un univers parallèle qui tisse sa toile au fil des pages. Véritable parcours initiatique, la découverte de mondes fantastiques offre aux enfants le luxe de s’appuyer sur leur imagination. La réalité peut attendre. D’autant qu’elle s’apprivoise et que tous les sujets ne peuvent pas être traités si tôt dans leur monde réel.

L’importance du conte en maternelle

Difficile d’être plus manichéen qu’un conte traditionnel. Or, la morale de chaque histoire, qui valorise les bons et condamne les méchants, permet d’ancrer des valeurs fortes dès le plus jeune âge. Alors, non… (on vous voit venir) tout n’est pas blanc ou noir. D’accord. N’empêche qu’en maternelle on n’est jamais contre une ligne claire entre le bien et le mal. Une des caractéristiques d’un conte, c’est de faire jouer à ses personnages un rôle parfaitement identifiable duquel ils ne sortiront pas. Pas d’ogres gentils ni de sorcière en proie au repentir. Les contes sont un réel outil d’apprentissage. La preuve, le conte à l’école primaire continue de faire des merveilles et il est même au programme de 6e au collège ! Lecture de l’image, mise en contexte, structure du récit et analyse… Il n’est jamais trop tôt pour lire entre les lignes ! C’est un vrai genre littéraire dont se régalent les plus petits. C’est aussi l’occasion d’enrichir leur vocabulaire (« tire la chevillette, la bobinette cherra » 😂) ! Universel, le conte permet aussi de véhiculer une culture, un mode de pensée. C’est un vrai patrimoine, trésor de créativité, dont les écoles ont bien fait de s’emparer !

Surprenants, les contes, pas vrai ? Bien plus que de simples histoires, ce sont des récits qui parlent directement à l’inconscient grâce aux symboles dont ils regorgent au fil des pages. Surtout lorsqu’ils sont racontés le soir, à la porte de l’imaginaire offert par les rêves… Un conte pour dormir, c’est un peu comme de la poudre d’étoile sur l’oreiller : un excellent moyen de toucher le rêve du bout des doigts ! Et si vos enfants en redemandent, offrez-leur également un abonnement aux magazines des Mini Mondes, pour qu’ils ne soient jamais à court de belles histoires pour dormir !

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